GENRE : Histoire Vraie
RESUME :
Blood and Bones est tirée de la nouvelle de "Yan Sogiru", appellé "Chi to Hone". Le film est l'histoire de la vie du père de l'auteur, Shunpei, qui fut parmis les premiers de la génération de coréen à venir vivre au Japon.
Ce film de Yoichi Sai est tiré d'un roman de Yang Seok-il (autrement connu comme Yang Sogiru). Il met en scène Takeshi Kitano, Hirofumi Arai, Tomoko Tabata entre autres. Cette histoire est centrée autour d'un homme Kim Sun-pei, qui émigre de l'île coréenne de Jeju pour Osaka au Japon en 1923. D'une nature extrêmement violente, réglant tout problème par les mains, il se fait haïr de sa famille, de ses employés et finira ses jours abandonné de tous dans une cabane en bois de la Corée du Nord. Yoichi Sai ne fait pas dans la demi-mesure et n'accorde aucune circonstance atténuante au personnage. Durant presque deux heures et demi, il s'attache calmement mais sûrement à construire une personnalité égocentrique et incroyablement avare. Il distille les scènes de conflit de manière brute, sans effets spéciaux, sans bruitage ou bande son que les sons sourds des poings qui s'écrasent. Une atmosphère à laquelle on est habitué de la part des réalisateurs japonais pour dépeindre la violence d'une manière la plus réaliste possible. Elle atteint ici son apogée. Une scène d'anthologie restera le combat entre un père et son fils...ses fils. D'une violence brute et sauvage, on n'aura rarement vu tant de haine extériorisée dans une lutte suivant une algarade.
Beat Takeshi campe ici une somptueuse bête vile et féroce, indomptable et inexpugnable. Même à dix, ils ne parviennent pas à le maîtriser. La puissance du roman, de l'écrit est ici transcendée à son paroxysme avec un acteur au sommet de son art. Certainement l'un de ses plus grands rôles, ou du moins le plus impressionnant. Les autres acteurs sont, ou bien d'une noirceur presque aussi effrayante, ou bien d'une candeur infinie (les enfants bien sûr mais aussi Misao, devenu adulte mais encore traumatisé par le conflit qui dure depuis l'enfance). Ce film, pour reprendre l'expression de Misao, décrit en quelque sorte le "fighting spirit", celui du chien qui se fait battre et jusqu'au dernier moment tentera de bouffer la main de celui qui lui donne à manger. Un déséquilibre inquiétant qui conduit à la décadence de cette famille qui avait tout pour réussir et s'est fait dévorer par sa propre cupidité, en particulier celle du chef de clan.
Blood and Bones est un portrait au vitriol d'un homme qui jusque dans son vieil âge a tout fait pour priver les siens des moyens de vivre, un film noir qu'il faut aller voir bien préparé tant la violence crue, cinglante est rendue avec réalisme. Mais c'est un très beau portrait, celui d'une bête humaine et des limites de la tolérance que peut atteindre l'esprit humain lorsqu'il est confronté à l'inhumain. Jalonné de contradictions comme le fait de s'occuper de cette Coréenne lobotomisée après une tumeur cérébrale tandis qu'il va frapper et violer sa fille, ce film laisse une impression amère sur la condition humaine et les turpitudes qu'elle engendre. Mais il reste avant tout un intense moment de cinéma, forcément incontournable.
Source :
www.cineasie.com